Ask Argi Anything : Préjugés et orgueil

Chaque semaine, Argi répond à vos questions et arrose de son infinie sagesse le terreau déshydraté de votre innocence. Pour vous aider à devenir, un jour, peut être, un prêtre acceptable.

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Cette semaine, c’est une lettre de la petite Gwendoline V. prêtre UD de Montauban qui se passionne pour la tauromachie, les zeugmas* et les bustes du capitaine haddock en plâtre.

Argi, mon cœur est en émoi et morceaux. Inspirée ta magnifique vidéo sur le gameplay discipline, j’ai pris mon courage à deux mains et la voie du soin par les tartes. Après deux ou trois déconvenues, j’ai enfin réalisé le potentiel et le plaisir à jouer discipline. J’ai fait part à mon Raid Lead de mon intention de jouer disco à Legion mais sa réaction a été pour le moins négative. Malgré mes appels à la clémence et mon apologie d’une spé qui fait du DPS en plus de soigner, il n’a pas accepté. Il a lu dans raid leader magazine que les discos ne servaient à rien et soignaient 80% d’un soigneur normal. Pour lui, je passe prêtresse sacrée ou à la trappe.  A ce stade, je peux aussi bien reroll une autre classe ou chercher une nouvelle guilde.

Argi, toi dont la toison est si soyeuse, sauras tu m’aider à reprendre du poil de la bête ainsi qu’une bonne décision ?  Gwendo

Admirable Gwendoline,

Sachez tout d’abord que vous n’êtes pas seule dans ce cas. Wod a été triplement bénéfique à la spé discipline (facile, puissante et plus agréable à jouer que sacré). Et comme une plage espagnole, elle a rapidement été envahie par des allemands en short, des parisiens blafards et des mégères albigeoises aux mamelles tombantes. Mais voici que reviennent septembre, les frimas et le troisième tier provisionnel. Les loueurs de parasols sont retourné vendre des parapluies à la sortie du métro et le stand de chouros est repeint pour servir des chawarmas aux grévistes place de la répu. La marée basse laisse derrière elle des transats cassés et des canettes de bière.

Beaucoup de prêtres qui avaient adopté la spé discipline par nécessité sont déçus par la nouvelle itération de Blizzard. Peu importe qu’ils trouvent la spé trop difficile, bancale, faible ou contraire aux bases du soigneurs, le fait est qu’ils ne veulent pas jouer cela à légion et personne ne va les forcer.

Mais la nouvelle de la récente mue du prêtre discipline est aussi parvenue jusqu’aux oreilles des autres joueurs d’autres classes. En passant à travers divers filtres comme Blizzard taxant la spé d’hybride ou support, ou ce dev expliquant sommairement qu’on ferait 30% de dps et 70% de soin ou cette vidéo d’un gars de Method (guilde fantôme dont les élites sont parties former une autre structure). Tout cela a été déformé, amplifié. Même les prêtres disciplines ne savent pas très bien à quoi s’attendre pour Legion. Ils ont pu goûter à la spé sur le patch 7.0 mais ce n’est pas tout à fait pareil.

Alors forcément, certains Raid Lead qui prennent leur tâche très au sérieux et qui préparent dès maintenant un roster de 23 personnes dont cinq soigneurs sont un peu nerveux. Et c’est encore pire sur les petites structures d’une dizaine de personnes qui n’ont probablement de place que pour 3 heals.

Les apparences ne brillent pas entre notre faveur, délicieuse Gwendoline. Mais il faut prendre en compte cinq faits dont certains peuvent être, avec la plus extrême diplomatie, portés à l’attention de votre RL.

Les prêtres disciplines de Légion ne sont pas ceux de Draenor

Soyons lucides, la spé disco était à la fois facile et puissante à WoD. Elle a attiré en son sein des joueurs moyens qui ont eu des résultats honorables avec un minimum d’effort. La refonte de Légion en rebutant les joueurs qui ne choisissent que la Saveur de l’Année ne devrait garder que les plus motivés. Motivation ne rime pas avec performance à part en Malgache, mais c’est déjà un bon signe.

La compo idéale n’existe pas

Les 100 premières guildes mondiales n’ont pas un roster fixe qu’elles traînent tout au long d’une extension. Elles changent de compo pour être le plus adapté à chaque nouveau combat. Chaque joueur maîtrise plusieurs spé de plusieurs classe en ce but. A ce jour, les guildes s’interrogent encore pour la compo au cas par cas. Il est certain que contrairement à WoD, le duo Disco/Palouf ne sera pas indispensable à chaque combat. Est ce que les disco sera exclu de chaque combat ? Il faudra reposer la question dans deux mois.

Toutes les spés de toutes les classes sont viables

Blizzard consacre beaucoup d’effort pour s’assurer que les classes sont grosso modo équilibrées. Au final, dans les calculs théoriques, on constate à chaque extension des petites divergences. Un petit plus pour l’une ou pour l’autre, trois fois rien, 5% à gauche ou à droite mais suffisamment pour intéresser des guildes qui font la course pour la première place.

La guilde Orc-Epiques n’est pas au top 100 mondial

C’est triste à dire, fière Gwendoline. Vous vous sentez bien chez les Nains-Pitoyables et vous avez fait la moitié des boss mythiques. Mais même avec trois soirs par semaine, ça reste une guilde de Casu. Sérieuse, solidaire, au fait des strats et optimisée autant que faire se peut mais Casu. Quand un joueur top world tire de 95% à 99% du potentiel de son personnage, nous en tirons entre 70 et 90%, suivant les jours, les joueurs, les circonstances. Vouloir copier la façon de jouer de ces guildes sans comprendre pourquoi elles le font et en choisissant ce qu’on émule (une sélection des classes) en laissant de coté ce qui ne nous plait pas (plusieurs reroll, raids croisés, optimisation au poil de bouc) c’est comme acheter un vélo du tour de France pour faire du VTT.

Bring the player, not the class

A notre niveau, connaitre bien son perso, savoir le jouer et aimer le jouer a plus d’impact sur les performances que prendre la dernière classe Flavor of the Month. On n’a jamais fait un bon raid avec des joueurs qui tirent la tronche parce qu’ils ne peuvent pas jouer la classe qu’ils veulent. Les gens qui s’emmerdent ne restent pas longtemps dans le navire quand celui ci commence à aborder les eaux troubles.

Diplomatie avant tout

Vous pourriez dire tout cela à votre Raid Leader mais ça risque de mal se passer. Premièrement parce qu’il était un bon RL, il le saurait déjà. Deuxièmement parce qu’en lui mettant le nez dans ses lacunes, il pourrait se vexer et se braquer.
Trois options s’offrent à vous :

  1. Si vous êtes en possession de l’appareillage reproductif correspondant aux goûts de votre RL,  offrir des faveurs charnelles a toujours eu un poids décisif dans les négociations.
  2. Si vous n’êtes pas attachée à cette au point de renoncer à votre plaisir, tirez votre révérence en lui proposant de s’asseoir sur SM. Rien de tel qu’un bon drama pour égayer un /gquit
  3. Si vraiment votre âme est rivée à la guilde Gnome Sweet Gnome, adoptez la spé Sacrée en raid, polissez votre spé discipline en donjon et en pick up . Au palier suivant, HautFait et Logs à l’appui, présentez à nouveau votre requête.
  4. Si vous voulez éviter les conflits, jouer Sacré. C’est une bonne spé fluide et puissante.

Je ne connais pas votre situation, éblouissante Gwendoline. Mais je vous conseille fortement la seconde option. Ils ne vous font pas une faveur en vous accueillant en raid, c’est vous qui les honorez de votre présence. S’ils préfèrent prendre un nénuphar sur pattes, une boite de conserve ou une vache qui joue avec de bouts de bois à votre place, grand bien leur fasse. Qu’ils aillent s’empaler sur le prochain boss. Et Shadowmourne, Et les bouts de bois s’il reste de la place.

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Zeugma : Procédé stylistique consistant à rattacher syntaxiquement à un mot polysémique deux compléments (ou plus) qui ne se construisent pas de la même façon ou qui ne correspondent pas au même emploi de ce mot.

 

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